PLOTIN ET LE NÉOPLATONISME
Introduction
générale.
I. Plotin, l’œuvre fondatrice, la vision.
Introduction : la méthode.
1. Plotin, sa vie et le genre littéraire de son
œuvre.
2. Structure des Énnéades.
3. Lecture chronologique des premiers traités.
Table de
correspondance des Énnéades
Ordre chronologique (Ordre des Énnéades)
53
(I,1) 40 (II,1)
03 (III,1) 21 (IV,1) 10 (V,1)
42 (VI,1)
19
(I,2) 14 (II,2)
47 (III,2) 04 (IV,2) 11 (V,2)
43 (VI,2)
20
(I,3) 52 (II,3)
48 (III,3) 27 (IV,3) 49 (V,3)
44 (VI,3)
46
(I,4) 12 (II,4)
15 (III,4) 28 (IV,4) 07 (V,4)
22 (VI,4)
36
(I,5) 25 (II,5) 50 (III,5)
29 (IV,5) 32 (V,5) 23 (VI,5)
01
(I,6) 17 (II,6)
26 (III,6) 41 (IV,6) 24 (V,6)
34 (VI,6)
54
(I,7) 37 (II,7)
45 (III,7) 02 (IV,7) 18 (V,7)
38 (VI,7)
51
(I,8) 35 (II,8)
30 (III,8) 06 (IV,8) 31 (V,8)
39 (VI,8)
16
(I,9) 33 (II,9)
13 (III,9) 08 (IV,9) 05 (V,9)
09 (VI,9)
Ordre
chronologique (Ordre des Énnéades)
01 (I,6)
10 (V,1) 19
(I,2) 28 (IV,4) 37 (II,7) 46 (I,4)
02 (IV,7) 11 (V,2) 20 (I,3) 29
(IV,5) 38 (VI,7) 47 (III,2)
03 (III,1) 12 (II,4) 21 (IV,1) 30
(III,8) 39 (VI,8) 48 (III,3)
04 (IV,2) 13
(III,9) 22 (VI,4) 31 (V,8) 40 (II,1) 49
(V,3)
05 (V,9) 14 (II,2) 23 (VI,5) 32
(V,5) 41 (IV,6) 50 (III,5)
06 (IV,8) 15
(III,4) 24 (V,6) 33 (II,9) 42 (VI,1) 51
(I,8)
07 (V,4) 16 (I,9) 25 (II,5) 34
(VI,6) 43 (VI,2) 52 (II,3)
08 (IV,9) 17 (II,6) 26
(III,6) 35 (II,8) 44 (VI,3) 53 (I,1)
09 (VI,9) 18 (V,7) 27 (IV,3) 36
(I,5) 45 (III,7) 54 (I,7)
Bibliographie
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Cambridge University Press, 1928.
I. Plotin et le néoplatonisme.
1. Plotin, sa vie et le genre littéraire de son
œuvre.
Le philosophe Porphyre a rassemblé ses
souvenirs au sujet de Plotin, a collectionné son œuvre écrite et l’a organisée
de façon systématique. L’œuvre d’un des plus grands philosophes de l’Antiquité
nous est donc connue sous forme de 54 traités précédés d’une courte biographie,
toute à la gloire d’un penseur qui connaît tout au long des siècles d’illustres
successeurs, et qui en a inspiré plus d’un, y compris en christianisme.
Ainsi s’ouvre le récit de sa vie ...
Plotin, le philosophe, qui a vécu de nos jours,
semblait avoir honte d’être dans un corps. Dans ce sentiment, il se refusait à
rien raconter sur ses ancêtres, ses parents ou sa patrie. Il ne voulait
souffrir ni peintre ni sculpteur ; et même, comme Amélius
lui demandait de permettre qu’on fit son portrait, il lui dit :
« N’est-ce pas assez de porter cette image dont la nature nous a
revêtus ? Faut-il encore permettre qu’il reste de cette image une autre
image plus durable, comme si elle valait qu’on la regarde ? » Il
refusa donc et ne consentit pas à poser. Mais Amélius
avait un ami, Cartérius, le meilleur des peintres
d’alors ; il le fit entrer et assister aux cours de Plotin (d’ailleurs
pouvait les fréquenter qui voulait) ; il lui permit ainsi de s’habituer à
se représenter Plotin de plus en plus nettement, grâce à l’extrême attention
avec laquelle il le regardait. Cartérius peignit
alors le portrait d’après l’image qu’il gardait en mémoire ; Amélius corrigea l’esquisse pour atteindre une plus grande
ressemblance, et on eut ainsi, grâce au talent du peintre, un portrait fort
ressemblant, sans que Plotin en sût rien.[1]
Plotin, , est d’origine africaine. Il serait né vers
205 à Lycopolis (Assiout), ville de Thébaïde en
Moyenne Égypte, sans doute d’une famille romaine. L’Égypte est une province de
l’Empire romain, mais elle demeure par bien de ses aspects hellénistique.
Plotin s’exprime en grec, une langue qui porte
à son époque toutes sortes d’influences culturelles, platoniciennes, orientales
et même hébraïques. La multitude de textes qui nous restent de cette période
suggère un étroit brassage d’idées, un enchevêtrement d’écoles philosophico-religieuses qui rend le repérage difficile
entre un atelier de peinture et une secte ésotérique.
Plotin n’a jamais voulu révéler le jour ni le
mois de sa naissance parce qu’il préférait fêter les anniversaires de Socrate
et de Platon[2].
Jusqu'à huit ans il tête le sein de sa nourrice, mais finit, honteux, par y
renoncer[3].
C’est un jeune garçon étrange, introverti, peu enclin à jouer avec ses
compagnons, avec déjà quelques prédispositions pour l’héroïsme ascétique À 28 ans (233), en pleine crise mystique, il
décide de s’adonner à la philosophie et fréquente les maîtres alexandrins. Leur
enseignement le chagrine. Il avoue son découragement à un ami qui s’empresse de
le conduire chez Ammonius Saccas.
Il s’écrie alors : /,, « voilà l’homme
que je cherchais »[4].
Il a pour condisciple un certain Origène païen (l’Origène chrétien a presque
cinquante ans à ce moment, mais il a été aussi le disciple d’Ammonius).
En 238. Gordien Ier est proclamé
empereur à l’âge de 80 ans, conjointement avec son fils (Gordien II) qui 36
jours plus tard est tué dans Carthage. De désespoir, Gordien Ier se
suicide. Son petit-fils, âge de treize ans monte sur le trône. En 243, il part
en campagne contre les Perses. Plotin est dans sa trente-neuvième année et veut
avoir connaissance de la philosophie des Perses, des mages, des gymnosophistes,
des indiens. Il se présente au camp de Gordien, et accompagne l’armée dans
l’espoir d’avoir une connaissance directe de ces sagesses. Peu de temps après,
Gordien III, qui n’avait rien d’un Alexandre le Grand, à peine le pied posé en
Mésopotamie, qu’il est défait par l’ennemi et assassiné par ses propres
soldats. Le philosophe doit se réfugier à Antioche. Un an plus tard, il a
quarante ans, il débarque à Rome.
Pendant dix ans, peut-être parce qu’il avait
peu de dispositions pour le travail manuel, il ouvre une école de philosophie
et y donne l’enseignement de son maître Ammonius,
engageant ses auditeurs à lui poser des questions, plutôt que de recevoir
passivement un cours magistral. Porphyre écrit :
Son cours était assez désordonné, et les
discussions oiseuses n’y manquaient pas.[5]
Le bâtiment de l’école appartient à une de ses
disciples, Gémina, qui devient bientôt son épouse. En 263, Porphyre se joint au
groupe des disciples. Il y restera six ans.
Dans ces écoles philosophico-religieuses,
la pensée mystique est marquée par un petit grain de pythagorisme, une tendance
un peu maniaque à la secte secrète. Plotin refuse d’écrire une seule ligne de
son enseignement. Finalement, poussé par Amélius,
puis Porphyre, il rédige 21 traités, sans titres, que les privilégiés qui
peuvent les lire intitulent comme ils veulent[6].
Porphyre et Amélius, un des premiers disciples,
encouragent leur maître à en écrire d’autres. 24 nouveaux traités voient le
jour. Ce sont les oeuvres de la maturité. Porphyre est soudain atteint de
dépression chronique suicidaire. Plotin lui demande de changer d’air. Il quitte
Rome pour la Sicile en 268. Il reçoit d’autres traités, 14, ce qui porte leur
nombre à 54, soit 6x9, six neuvaines, six Énnéades
(du grec ennea,
neuf) que Porphyre va mettre en ordre systématique en
bouleversant l’ordre chronologique et sans toujours tenir compte des renvois
indiqués par Plotin.
J’ai donc distribué en six neuvaines les
traités qui sont au nombre de cinquante-quatre. En quelques-uns, j’ai inséré
des commentaires, mais de manière irrégulière, et sur la suggestion d’amis qui
voulaient se faire éclaircir certains passages. [...] Je vais parcourir
maintenant chaque traité en m’efforçant d’y mettre la ponctuation et de
corriger les fautes.[7]
Il est vrai que Plotin ne relit jamais ses
écrits, forme mal les lettres, n’a pas souci de l’orthographe. Sa vue n’est pas
bonne mais il a une excellente mémoire (en effet, il reprend toujours les conversations à
l’endroit exact où il les a laissées)[8].
Le maître vit entouré d’amis fidèles. Il y a
parmi eux des médecins, des propriétaires terriens, des sénateurs. Certaines
femmes d’excellentes familles lui confient la charge de leurs enfants avec la
gérance de leur fortune. La maison se trouve donc remplie de jeunes gens dont
le philosophe est le tuteur.
Les conversions se multiplient, comme celle du
sénateur Rogatianus qui abandonne tous ses biens pour
se consacrer à l’amour de la sagesse.
Il ne voulait même plus habiter sa propre
maison ; il demeurait chez des amis ou des familiers, chez qui il dînait
ou couchait. IL ne mangeait qu’un jour sur deux. Ce renoncement et cette
insouciance du régime, alors qu’il était si malade de la d’un savoir aux suaves
accents,
et seul tu ouvres aux
hommes le chemin, tel le dieu
qui parcourant son orbe circulaire à travers la terre entière,
offre le disque rougeoyant de sa sphère parfaite.[1]
(La révélation)
Et bien je vais te révéler, tel que cela se
manifeste à moi
qui détiens une parole de
vérité pour juste principe,
la nature immuable du
divin et du bien
dont procède pour l’homme
la vie la plus constante.[10]
Mais partout règne l’apparence (les images
ressemblantes), en quelque lieu qu’on aille.[1]
Le ux de venir me
chercher, et non pas à moi à aller les trouver.[11]
Dieu seul fait les premiers pas.
Plotin sonde les âmes au point de démasquer les
voleurs et les charlatans. Un jour, on vole les bijoux d’une des veuves qui vit
chez lui avec ses enfants. Il désigne aussitôt l’esclave voleur qui nie. Il le
fait fouetter tant et si bien qu’il finit par avouer[12].
Et tous de s’extasier de ce don prodigieux ...
L’empereur Gallien et Solonina,
sa femme, compte parmi ses admirateurs. Gallien a un
règne troublé par les menaces extérieures et les ambitions de nombreux
usurpateurs. Son autorité ne s’étend vraiment que sur l’Italie (il meurt
assassiné en 268) Plotin lui demande de restaurer, à l’intention des seuls
philosophes de ses amis, une ville entièrement détruite en Campanie.
Ses habitants devaient suivre les lois de
Platon et elle devait prendre le nom de Platonopolis.[13]
L’empereur et l’impératrice donnent leur
accord, mais, à cause de la défiance que le philosophe suscite
à la cour, la réalisation du projet n’est même pas entreprise.
Il aurait, nous assure Porphyre, très
facilement obtenu tout ce qu’il voulait, si quelques personnes de l’entourage
de l’empereur n’y avaient fait obstacle par jalousie, par malveillance ou par
quelque autre motif aussi méchant.[14]
À la différence de Platon qui voulait
sérieusement changer la structure de la société, Plotin ne songeait qu’à se
retirer dans une oasis de paix où l’on aurait du loisir pour penser.
Il a cependant quelques consolations
substantielles, puisque, nous dit Porphyre, il connaît l’union intime avec le
dieu qui est au-dessus de toutes choses[15].
Il entre en extase à plusieurs reprises.
Pendant que je fus avec lui, il atteignit
quatre fois ce but grâce à un acte ineffable, et non en puissance.[16]
Quatre fois en six ans, pour le chef religieux
d’une secte, c’est finalement assez peu. Porphyre, lui, doit attendre ses 68
ans pour avoir cette « vision du but tout proche »[17].
Cette rareté des états extatiques, aussi profonds qu’ils puissent être, est un
trait de la mystique néoplatonicienne qui en cela s’oppose à celle du Moyen
âge. L’Être suprême n’est vraiment atteint que par l’élan spontané de
l’intelligence épurée, non par des épanchements affectifs.
Plotin a tous les caractères du syndrome
mélancolique : la façon brusque dont il a quitté Alexandrie, le
détachement complet de sa famille. Son hygiène est déplorable. Il ne se baigne
jamais, se contentant de quelques frictions. Il a l’estomac délabré, la vue
très faible, un mal de gorge chronique et une maladie de peau[18].
Il a une complaisance presque morbide pour les états maladifs, comme on peut le
lire dans Enn. I 4, 14.,
l’un de ses derniers écrits.
Il faut que l’homme diminue et affaiblisse son
corps, afin de montrer que l’homme véritable est bien différent des choses
extérieures [...]. Il ne voudra pas ignorer complètement la maladie ; il
voudra même faire l’expérience de la souffrance.
Ce vieillard a la voix
faible, aux membres couverts d’ulcères est progressivement abandonné par ses
auditeurs. Porphyre et Amélius ne sont plus là. Il se
retire dans une villa d’un de ses amis, en Campanie. Eustochius,
médecin et disciple, arrive trop tard auprès de lui et assiste, impuissant, à
ses derniers moments. Plotin lui dit : « je m’efforce de faire
remonter ce qu’il y a de divin en moi à ce qu’il y a de divin dans
l’univers ».
À ce moment, un serpent passa sou sous lit dans
lequel il était couché, et se glissa dans un trou de la muraille : et
Plotin rendit l’âme ; il était âge, aux dires d’Eustochius,
de soixante-six ans[19].
Le serpent est semblable au daïmôn qui quitte le sage au moment de sa mort. On se souvient qu’à
Alexandrie, on vénère un dieu serpent, Agathodaemon (« le bon daïmôn ») dont le rôle est
celui d’Hermès-Thot, un révélateur de la vérité
divine...
Maintenant, voyons les écrits tels qu’ils nous
sont parvenus, le genre littéraire auxquels ils se rattachent, la façon dont
ils sont organisés, les traces d’ajouts postérieurs qu’ils contiennent.
Les Énnéades sont la
seule œuvre qu’on ait attribuée à Plotin, mais ni le titre, ni le classement sont de lui. On ne remet pas en cause le fait que le texte
est dans l’ensemble de sa main, mais sous forme de notes préparatoires, de
résumés.
Comme tous les écrits de l’époque impériale,
ces textes répondent à un exigence, celui de la
lecture publique. Même l’histoire n’échappe pas à cette loi et la philosophie
encore moins. On joue dans les banquets des dialogues platoniciens[20].
D’autre part, les cours des philosophes ne veulent pas être des discours de
rhéteurs talentueux. Ils sont à la fois le support et le résultat de
l’enseignement. Après la lecture d’une œuvre de référence (Platon, Aristote,
...), et de son commentaire, le maître prend la parole et provoque la
discussion. C’est la diatribe pratiquée par Plotin, comme par d’autres
(Épictète). Souvent, un traité commence par une citation aussitôt interprétée
et critiquée. D’une séance à l’autre, le sujet peut changer. Il n’y a pas
d’entreprise systématique d’une exposition de la doctrine.
Le mot « diatribe » désigne deux
choses :
– soit en ensemble de procédés qui font
continuellement appel à l’auditeur ; une discussion qui fait intervenir un
interlocuteur fictif qui entretient la réflexion[21]
par ses objections et ses remarques.
– soit une sorte de sermon (Énn. I,4), une élévation, un
discours lyrique, très imagé (Énn. III,8,4) qui veut diriger
l’esprit vers une réalité cachée.
Plotin est certes un érudit et un très grand
penseur, mais cela n’empêche pas son œuvre de se rattacher nettement au genre
de la « prédication ». Les écrits que nous avons cherchent à fixer
son enseignement oral. Sa phrase set parlée. Un mot suggère une question et
entraîne une digression (Énn.
II,8,1). La dittographie[22]
est très présente, en même temps que des raccourcis fréquents qui tiennent
compte des connaissances de l’auditoire. La phrase rend présent l’objet de la
recherche tout entier. On n’y va pas, on y est déjà. Le sujet abordé est
aussitôt inséré dans la vision totale (Énn. II,8,4) et l’interlocuteur se
retrouve immergé dans la contemplation. L’intuition est toujours présente qui
doit être prêchée et servir à l’avancement spirituel de l’auditoire.
Après une première édition partielle, due à Eustochius[23],
Porphyre organise les documents en six Énnéades, six
« neuvaines, six groupes de neuf livres répartis en trois « corps »
qui se déploient successivement à travers la morale, la physique, la
psychologie, la science de l’Un. Après un soigneux découpage des traités, il
s’enthousiasme en découvrant leur nombre. Mais cet artifice ne parvient à
tromper personne. Par exemple, le court traité sur l’essence de l’âme qui ouvre
la quatrième Énnéade,
et qui a dans nos éditions à peine 22 lignes de texte, se rattache de façon
évidente aux neuf considérations qui forme la conclusion de la troisième Énnéade.
On peut aussi repérer les commentaires de
Porphyre, ajoutés dans l’œuvre même, comme en Énn.
III 1 au début du dernier chapitre.
Finalement, l’argumentation [de Plotin] énonce
...
Ou encore, en Énn. I
5, 7, 12-17.
Il [l’auteur] juge que le bonheur [...] il veut
que ...
Malgré tout, on ne remet pas en cause
l’authenticité des écrits, ni leur forte unité de doctrine. Voyons tout d’abord
l’ordre choisi par Porphyre et la façon dont il déploie la doctrine de son
maître.
Ier CORPS La morale I,1 L’homme
I,2 Les vertus
I,3 La dialectique
I,4 Le bonheur 1
I,5 Le bonheur 2
I,6 Le beau
I,7 Le Bien
I,8 Les maux
I,9 Le suicide
La physique 1 II,1 Le monde
II,2 Le mouvement
circulaire
II,3 Les astres
II,4 Les deux matières
II,5 La puissance et
l’acte
II,6 La forme
II,7 Le mélange
II,8 Les objets (la
position)
II,9 L’auteur du monde
La physique 2 III,1 Le destin
(objet-monde) III,2 La providence 1
III,3 La providence 2
III,4 Le daïmôn
III,5 L’amour
III,6 Les incorporels
III,7 Le temps
III,8 L’Un
III,9 Neuf
considérations
IIe CORPS L’âme 1 IV,1 L’essence de l’âme
1
IV,2 L’essence de l’âme
2
IV,3 Difficultés
relatives à l’âme 1
IV,4 Difficultés
relatives à l’âme 2
IV,5 Difficultés
relatives à l’âme 3
IV,6 La mémoire et la
sensation
IV,7 L’immortalité de
l’âme
IV,8 L’âme et le corps
IV,9 Les âmes :
une seule âme ?
L’âme
2 V,1 Les trois hypostases
(âme-intelligence) V,2 Les réalités et
le Premier
V,3 Les hypostases
V,4 Le Premier
V,5 Les intelligibles
V,6 L’être pensant
V,7 Le particulier
V,8 La beauté
V,9 L’intelligence
IIIe CORPS L’Un VI,1 Les genres de
l’être 1
VI,2 Les genres de
l'être 2
VI,3 Les genres de
l'être 3
VI,4 Un seul être 1
VI,5 Un seul être 2
VI,6 Les nombres
VI,7 La multiplicité
des idées
VI,8 La volonté de l’Un
VI,9 L’Un
L’organisation de Porphyre se déploie comme un
chemin initiatique. Le premier corps, ou première enveloppe regroupe les
premières questions que se pose le néophyte, son désir de bonheur, ses
inquiétudes face à l’existence, sa place dans l’univers : « Que
puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est il permis
d’espérer ? Cet enseignement s’ouvre sur la définition de l’homme et
s’achève sur l’Un et quelques considérations annexes, neuf exactement, dont la
dernière veut conduire à la reconnaissance d’un dieu au-delà de la vie, de la
pensée, de l’intelligence.
Le deuxième corps s’ouvre avec la dixième
considération qui à l’origine faisait partie du groupe précédent. L’âme qui
vient d’en haut est enfermée et partagée dans un corps du monde sensible. Le
traité qui suit cette constatation s’interroge sur l’essence de cette âme.
L’initié entre dans le mystère fondamental de la connaissance. Il apprend ce qu’est la contemplation, ce par quoi il contemple et le
chemin qu’il lui faut parcourir. Les dernières lignes sont au seuil de l’ineffable.
Elles annoncent une âme de l’âme universelle elle-même, peut-être la vie de
toute chose.
Le troisième corps s’ouvre par une critique
radicale des catégories (ou genres de l’être) aristotéliciennes et stoïciennes
parce qu’elles comprennent trop d’ambiguïtés (la voix est-elle action ou
passion ? Il y a action des organes de la phonation et passivité de
l’air). Ces distinctions nous laissent dans l’illusion de la diversité. Il faut
aller vers le recueillement, la présence de l’être en nous (4 et 5). Cet être
total est habité par un nombre infini, éternel, détaché du sensible (6), nous
revenons à l’Un (7-9).
L’âme, par nature, refuse d’aller jusqu’au
néant absolu ; quand elle descend, elle va jusqu’au mal, qui est un
non-être, mais non l’absolu non-être ; dans la direction inverse, elle ne
va pas à un être différent d’elle, mais elle rentre en elle-même, et elle n’est
alors en nulle autre chose qu’en elle-même ; mais, dès qu’elle est en elle
seule et non plus dans l’être, elle est par là même en lui ; car lui est
un réalité qui n’est pas une essence, mais qui est au-delà de l’essence, pour
l’âme avec qui il s’unit. Si l’on se voit soi-même devenir lui, on se tient
pour un image de lui ; partant de lui, l’on
progresse comme une image jusqu'à son modèle, et l’on arrive à la fin du
voyage. Si l’homme déchoit de la contemplation, il peut raviver la vertu qui
est en lui ; il comprend alors sa belle ordonnance intérieure et retrouve
sa légèreté d’âme ; par l’intermédiaire de la vertu, il arrive à l’intelligence,
et, par l’intermédiaire de la sagesse, jusqu'à lui. Telle est la vie des dieux
et des hommes divins et bienheureux ; s’affranchir des choses d’ici-bas,
s’y déplaire, fuir seul vers lui seul, [24].
Ainsi, Porphyre nous a amené du multiple (trois
Énnéades :
I, II, III), à la dualité (deux Énnéades : IV, V), puis enfin à l’unité (une Énnéade :
VI). Ce chemin est celui d’un manuel, il ne tient pas compte du mouvement de la
pensée de l’auteur.
3. Lecture chronologique des traités.
L’ordre chronologique revêt une importance
assez grande pour que Porphyre, dans sa Vie
tienne à le présenter intégralement.
C’est ce que nous avons choisi de suivre
ici : une présentation générale de la doctrine de Plotin, en suivant le
déploiement de la pensée du maître.
I,6 : Du beau.
Il y a des beautés non sensibles : un beau
caractère, le courage, l’intelligence. La beauté naît, non de l’harmonie mais
de l’unité, de l’idée qui domine les parties multiples, elle vient de la
purification. Comme un sculpteur, elle apparaît quand on élague le superflu. La
laideur, elle, vient de l’addition d’un élément étranger.
La beauté est aussi le bien vers lequel montent
les initiés aux mystères. Ils abandonnent la vision des yeux pour devenir
lumière. Le Beau est le lieu des idées, le Bien en est
le principe.
IV,7 : De l’immortalité de l’âme.
L’homme n’est pas un être simple, il possède
une âme et un corps. Il est comme une forme par rapport à une matière. L’homme
lui-même, c’est l’âme. Elle donne la vie au corps tout en la tenant d’elle-même
et ne saurait donc la perdre. Il suffit d’enlever la rouille ou les tâches pour
retrouver au fond de soi la pureté primitive, les vertus, l’immortalité.
L’immortalité de l’âme est nécessaire à
l’univers, sinon tout aurait péri depuis longtemps. Elle entre dans le
sensible, manifestant par là, la providence divine, et en gouverne donc une
portion en s’isolant. Hommes, bêtes ou daïmôn, toutes
les âmes, mêmes celles qui sont au plus bas, toutes ont l’immortalité.
Plotin critique la position platonicienne de
l’âme comme « entéléchie première d’un corps naturel qui a la vie en
puissance » (traité de l’âme, II, 1). En effet, il arrive que l’âme doive
s’opposer au corps. Alors, comment le principe pourrait-il s’opposer à ce dont
il est la source ?
III,1 : Du destin.
L’âme est libre et n’est pas soumise aux
événements extérieurs, du moins elle leur résiste, et c’est dans cette
résistance qu’elle témoigne de sa liberté. Les astres, le mouvement des atomes,
toutes les causes extérieures s’affrontent à un principe qu’elles ne possèdent
pas, l’âme, cause première, principe dominateur et souverain qui a pour guide
la raison pure.
Quand l’âme renonce à dominer, on peut dire
qu’elle est soumise au destin, elle pâtit. Mais, les
meilleures action proviennent de nous.
IV,2 : De l’essence de l’âme 2.
L’âme n’est ni l’harmonie (elle ne serait pas
belle), ni l’entelechie d’un corps, mais une essence
intelligible, et le centre de tous les intelligibles, c’est l’Intelligence. Les
masses matérielles s’y opposent. L’âme représente l’intermédiaire entre
l’Intelligence et les grandeurs sensibles, elle est indivise, parce que toute
entière en chaque partie du corps, et divise parce qu’elle est en chaque partie.
Elle est à l’image de l’âme universelle, une seule et même chose en plusieurs
endroits.
V,9 : Sur l’Intelligence, les iodées et l’être.
Il y a plusieurs sortes d’hommes : ceux
qui en restent aux choses sensibles, ceux qui n’ont que le mot
« vertu » à la bouche, et n’arrivent pas à sortir de l’action
pratique, ceux qui voient la région d’en haut et se plaisent en cette lumière
de vérité. Comment y arriver ? On y arrivera si on est de nature
amoureuse, comme l’amant qui remonte sans cesse à la cause des beautés de
l’âme. Ce qui donne sa beauté à l’âme c’est l’Intelligence, vestibule du Bien.
Elle n’est pas intelligence en puissance, qui
passe de l’inintelligence à l’intelligence, mais Intelligence en acte,
parfaitement existante. Elle est ce qu’elle pense, et pense les êtres en elle.
Ces êtres sont antérieurement au monde : les Idées, non pas des notions,
des pensées, mais l’objet de la notion. L’Idée est une intelligence pensante et
les Idées dans leur totalité, forment l’Intelligence indivisible et éternelle,
un monde que Platon dans le Timée
appelle « l’animal en soi » (Timée
30d). Pas de temps mais l’éternité, pas de lieu, mais l’intériorité
réciproque des notions.
Il y a des idées comme celle de l’homme en
général, mais aussi de tel homme en particulier. Y a-t-il une Idée de l’âme
différente des âmes individuelles ? Non, notre âme n’imite pas une âme en
soi, dès qu’elle est dégagée du corps, elle est là-bas. Y a-t-il une Idée de la
putréfaction ou de la boue ? Non, ce sont des composés accidentels, ils ne
sont pas produits par l’Intelligence, mais par la rencontre d’objets sensibles.
IV,8 : De la descente de l’âme dans le corps.
Après un moment d’extase, je redescend dans mon
corps et réfléchis sur cette descente. Dans le Gorgias (493a) et le Cratyle
(400bc), Platon prétend que l’âme incarnée se trouve comme dans une prison ou
un tombeau. Dans le Phèdre (246c),
elle arrive ici-bas parce qu’elle a perdu ses ailes (comme Icare). Serait ce
que l’univers sensible est mauvais ? Dans le Timée (33a, 34a, 92b, 30b) le même Platon parle du monde visible
comme d’un dieu bienheureux.
En fait l’âme, puisqu’elle reste unie à l’âme
universelle, garde sa perfection et on ne peut accuser Dieu de l’avoir placée
en un lieu inférieur, car elle n’est nullement privée des choses conformes à sa
nature.
Mais, il est vrai qu’il y a une imprégnation du
sujet où elle se trouve et sur lequel elle agit. En effet, elle ne fait pas que
penser, elle gouverne, commande, et doit donc tenir compte de la nature où elle
est tombée.
Pourquoi la descente ? L’âme, nous
explique Plotin, habituellement guidée par l’âme universelle, s’ennuie avec ses
compagnes, elle s’isole, s’affaiblit, elle gouverne avec de plus en plus de
difficulté un objet sur lequel, à cause de son éloignement de l’universel, elle
tourne toute son attention au point d’entrer en lui, d’où la perte des ailes,
et la « mise au tombeau ». Elle n’agit plus que par les sens, aussi,
pour se délivrer de ses liens, il lui faut se retourner vers la pensée et
remonter vers l’universel.
La descente a été nécessaire. L’Un ne peut pas
rester en lui-même, il a besoin de se développer, allant d’un principe
indivisible, jusqu'à ses effets qui parviennent jusqu’au dernier des êtres
sensibles. Le propre des âmes est bien de gouverner sur les êtres, mais
certaines s’y engagent avec trop d’ardeur et plongent dans les corps, trompées
par le plaisir. L’épreuve du mal va leur permettre un
meilleure approche du bien car de toute façon elles auraient été trop faibles
pour le connaître de science certaine avant de l’avoir éprouvé.
V,4 : Comment les êtres qui viennent du Premier,
dérivent du Premier.
Le Premier est l’Un, et non une chose qui
serait une. Il est même faux de l’appeler Un, puisqu’il n’est pas un objet de
discours et de science.
L’être après le Principe est forcément une
unité multiple. D’abord, il appartient à sa perfection propre d’engendrer,
puisqu’il est principe. Et dès que ce qu’il engendre parvient à son point de
perfection, il engendre à son tour. L’Intelligence qui vient de lui n’est donc
pas simple ; en effet, elle est dans le besoin eu égard à l’intelligible
(ici, l’Un tel que l’intelligence le voit). Mais l’Un n’a besoin de rien, tout
lui appartient, et la conception qu’il a de lui-même c’est lui-même, et elle
consiste en un repos éternel.
IV,9 : Si toutes les âmes font une âme unique.
L’âme de chaque être est unique, mais toutes
dépendent de l’âme universelle qui peut donner naissance à des âmes qui se
différencient d’elle et entre elles. Cependant, tout en ayant une
« essence qui se partage entre les corps », elles gardent
« l’essence indivisible de l’âme ». Il en est comme dans le
corps : quoique ayant une seule âme, ce qui affecte une main n’est pas
senti par l’autre, et pourtant l’ensemble est touché.
Mais comment un être (l’âme universelle)
peut-il tirer de lui plusieurs êtres, en restant ce qu’il est ? C’est
qu’ils sont comme l’image répétée en plusieurs miroirs d’un unique modèle. Il
en est comme dans la science. Le savant a en vue la partie de la science dont
il a besoin, cette partie est au premier rang, mais toutes les autres
s’ensuivent, et y sont en puissance, de manière latente. La partie tire sa
force du voisinage avec le tout. Un théorème isolé n’est qu’un bavardage
d’enfant. Il est scientifique s’il contient en puissance tous les autres.
On le voit, cet « engendrement »
n’est pas à proprement parler une « naissance », mais un déploiement.
VI,9 : Du Bien ou de l’Un.
Le Bien, le véritable objet de notre amour est
là-bas. Pouvons-nous dire ce qu’il est en lui-même ? Il n’est pas un être,
puisqu’il est privé de forme. Aucun nom ne lui convient, mais on peut l’appeler
l’Un, la chose la plus grande de toute par sa puissance, et non un point
inétendu ou une unité numérique. Son unité, c’est sa suffisance en lui-même et
son indépendance.
Comment aller vers lui ? En chassant toute
forme, jusqu'à ignorer que l’on est en train de contempler. Il faut renoncer à
la connaissance discursive (démonstrations et preuves) et accueillir une
présence supérieure à la science car il n’y a pas de coupure en l’Un et les chose, entre l’Un et nous. Il est déjà là, et
l’intelligence, qui regarde vers lui, vient après.
Puisqu’il est dans les choses, il faut partir
d’elles et de nous-mêmes, et découvrir leur unité, l’être, l’un, et remonter
vers lui. Par notre propre centre, nous nous rattachons au centre universel,
comme les centres des grands cercles d’un sphère coïncident avec le centre de
la sphère qui les comprend.. Celui qui regarde en
lui-même, fait coïncider son propre centre avec le centre universel. Nous
sommes donc toujours autour de lui et en lui.
On peut annoncer aux autres ce qu’est l’union
avec l’Un, dès ici-bas. On devient un dieu embrasé d’amour, on voit et on n’est
plus. On dépasse la contemplation des belles choses, celle des vertus, comme on
laisse les images et les statues pour s’unir à dieu lui-même, ne plus voir, ou
ne voir le Principe que par le Principe, un invisible contemplé par
l’invisible, un invisible revenu à lui.
V,1-2 : Sur les trois Hypostases qui sont Principes.
(V,1) Il faut que
l’âme se souvienne de ce qu’elle est, qu’elle reconnaisse la vanité des biens
d’ici-bas et ce qu’elle cherche véritablement.
Elle est l’image de l’intelligence, comme la
parole est l’image du verbe intérieur. L’Intelligence possède ce qu’elle pense.
Elle fait subsister l’être en le pensant ; l’être et la pensée ne font
qu’un.
Qui a donc engendré cette intelligence ?
C’est l’Un. Un émanation vient de lui, comme la
lumière vient du soleil, le froid de la neige. L’Intelligence est le verbe de
l’Un. Ce dernier, en se tournant vers lui, marque comme un arrêt et se voit.
Cet arrêt est l'Etre (son Altérité est la matière intelligible), et cette
vision est l’Intelligence, vision sans limites, car elle vient et va vers le
parfait, en son repos. À son tour, l’âme est le verbe de l’Intelligence, verbe
extérieur, proféré, réalité subsistante qui se meut autour de l’Intelligence,
qui ne connaît pas de repos, qui est temporelle.
Il y a dons trois hypostases : l’Un,
l’Intelligence (et l’être), l’Âme. Notre âme possède l’intelligence, mais il ne
faut pas confondre l’intelligence qui raisonne, avec celle qui est au principe
de la raison, celle qui contemple l’Intelligence en tant qu’Hypostase.
(V,2) L’âme ne reste
pas immobile. Elle est fécondée par l’être en se tournant vers lui et produit
une image d’elle-même, la Sensation (les bêtes), et par sa partie la plus
audacieuse, produit dans les plantes, la Nature (la puissance végétative).
Lorsqu’elle entre dans l’homme, soit elle se borne au raisonnement, soit elle procède
de l’intelligence, soit elle s’arrête à mi-chemin.
La procession est comme une vie qui continue du
premier au dernier, sans coupure, par une succession de conversions et
d’engendrements. Chaque chose est ainsi à l’image du Premier sans être le
Premier qui reste en lui-même en leur donnant l’existence.
II,4 : Des deux matières.
La nature, en s’extériorisant, s’éloigne de
plus en plus du Bien et atteint le « dernier terme », qui est
« l’illimité en soi, l’informe en soi ». Mais, alors que dans la
matière intelligible, les formes demeurent stables, dans la matière sensible,
elles ne font que passer. C’est le dernier terme de l’engendrement. La matière
est le mal nécessaire, le dernier terme pour la pensée. Elle est ténébreuse,
sans qualités, stérile, pure privation, infini en soi. Elle est l’espace, le
réceptacle de la grandeur, le lieu lui étant postérieur.
La beauté du monde provient de l’engagement de
l’Intelligence. Il est illusion, mais les formes qu’il propose sont
véritablement bonnes et belles.
III,9 : Considérations diverses.
Elles sont une reprise de ce qui a déjà été
exposé : l’âme n’est pas dans le corps, mais le corps dans l’âme ; la
chute de l’âme la conduit au non-être et lui donne une forme ; L’Un n’est
pas tout ce qu’il produit, et tout se rapporte à lui, lui ne se rapportant à
rien. Se pense-t-il lui-même ? Non, il est au-delà de la pensée.
II,2 : Du mouvement du ciel.
Le ciel imite l’intelligence qui revient sur
elle-même, voilà pourquoi il a un mouvement circulaire. Il a une âme qui tend
vers le centre, et un corps qui cherche à s’échapper en ligne droite (la
tangente de la circonférence). Ce mouvement revient sur lui-même comme la
conscience, la réflexion et la vie. Il est comme l’âme universelle qui circule
autour de l’Intelligence). Ne pouvant se diriger vers elle, elle l’entoure de
son amour.
III,4 : Du daïmôn qui nous
a reçus en partage.
Après une reprise de diverses questions, Plotin montre qu’en l’homme toutes les puissances a